Si tu penses bien

Si tu penses bien

Réalisé par : Géraldine Nakache
Date de sortie : 16 septembre 2026

Synopsis : A Dubaï, Gil rencontre Jacques. Leur coup de foudre débouche sur un mariage précipité qui révèle vite une fracture profonde : Gil ne partage pas la foi dévorante de son mari. Jacques tente de la soumettre à sa vision du monde avec un mantra aux allures de menace.

La note Cinéphiles 44 : 8/10
C’est le coup de foudre immédiat entre Gil et Jacques lors de leur rencontre à Dubaï. Le couple se mari très rapidement. Mais très vite, la relation se déséquilibre : Jacques impose progressivement sa vision du couple, de la religion et du quotidien. Gil découvre alors une relation étouffante où chaque geste, chaque fréquentation et chaque pensée semblent devoir être contrôlés. « Si tu penses bien » aborde frontalement certains rites du couple juif, notamment le passage au Mikvé, bain rituel que doit effectuer l’épouse avant de retrouver son mari. Géraldine Nakache ne transforme pas cela en attaque contre une religion. Ce qui l’intéresse avant tout, c’est la manière dont un homme manipulateur instrumentalise la foi, les traditions et l’amour pour enfermer psychologiquement sa compagne. Et c’est précisément ce qui rend le film aussi dérangeant. Jacques harcèle Gil par SMS, l’éloigne progressivement de sa famille et de ses amis, surveille ses déplacements et veut la garder uniquement pour lui. Tout paraît parfois excessif tant la violence psychologique est permanente. Pourtant, le film rappelle avec intelligence que ces situations existent quotidiennement et qu’il est toujours plus simple pour l’entourage de demander à une victime pourquoi elle ne part pas que de comprendre la puissance de l’emprise exercée par quelqu’un qui prétend aimer.

Monia Chokri est exceptionnelle de justesse. Elle fait ressentir toutes les contradictions de son personnage : la peur, la honte, le doute, mais aussi cet amour sincère qui continue malgré tout d’exister pour cet homme qui la détruit peu à peu. Face à elle, Niels Schneider livre une performance terrifiante de réalisme. Son Jacques n’est jamais un monstre caricatural ; il est précisément inquiétant parce qu’il reste crédible, séduisant, parfois tendre, avant de basculer dans le contrôle absolu. Clémentine Célarié est également très touchante dans le rôle de cette mère qui voit la situation se dégrader sans réussir à intervenir réellement, paralysée par la peur de mal faire ou de perdre sa fille.

Cela donne au film une violence psychologique constante qui rappelle « L’Amour et les Forêts », mais dans un contexte culturel et religieux différent. Géraldine Nakache signe sans doute son film le plus dur et le plus mature.

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