La Bataille de Gaulle – L’âge de fer
Réalisé par : Antonin Baudry
Date de sortie : 3 juin 2026
Synopsis : Juin 1940. La France s’effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s’échappe vers Londres pour sauver ce qu’il reste d’un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n’a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n’est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l’ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l’Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.
La note Cinéphiles 44 : 8/10
« La Bataille de Gaulle – L’âge de fer » est le premier volet du diptyque qu’Antonin Baudry consacre au Général de Gaulle. Couvrant la période allant de 1940 à 1942, ce vaste récit historique entend raconter la naissance de la France libre. Tandis que le maréchal Pétain choisit l’armistice face à l’Allemagne nazie, Charles de Gaulle refuse la défaite et rejoint Londres. Sans armée, sans soutien politique réel et avec peu d’espoir de succès, il tente de convaincre les Britanniques, les colonies françaises et les futurs résistants que la guerre est loin d’être terminée.
Dès les premières minutes, on sent la volonté d’Antonin Baudry de proposer un véritable blockbuster historique français. Le film oscille constamment entre le récit politique, le thriller diplomatique, le drame historique et même parfois la comédie. La recette fonctionne souvent, mais ce sont paradoxalement les scènes de dialogues qui impressionnent le plus. Les confrontations verbales, les négociations et les luttes d’influence se révèlent bien plus captivantes que certains passages censés être spectaculaires. Au centre du film, Simon Abkarian impressionne. Son interprétation de De Gaulle évite largement l’imitation caricaturale. Il incarne un homme obsessionnel, parfois arrogant, convaincu de détenir seul la vérité et prêt à sacrifier beaucoup pour son idée de la France. Le film montre ses défauts, sa rigidité et sa folie. La relation avec Winston Churchill constitue d’ailleurs l’un des aspects les plus intéressants du récit. Leurs échanges sont souvent passionnants, oscillant entre admiration mutuelle, méfiance et affrontements stratégiques.
Le principal défaut du film est peut-être son ambition démesurée. En voulant raconter une multitude de moments clés de l’Histoire, il finit par les survoler. De nombreux événements majeurs sont parfois résumés à travers des montages ou des coupures de journaux servant de raccourcis narratifs. La célèbre bataille de Bir Hakeim manque ainsi d’émotion alors qu’elle constitue pourtant l’un des actes les plus héroïques de la France libre. On regrette également que certains personnages secondaires prometteurs restent trop peu développés. La jeunesse résistante, notamment autour de Fernand Bonnier de La Chapelle, méritait davantage d’attention. À l’inverse, le film accorde une place importante à la présence française en Afrique. C’est passionnant, même si le sujet colonial est largement évacué, donnant parfois l’impression que ces territoires appartiennent naturellement à la France sans que cette réalité ne soit interrogée.
Malgré ses 2h40, le film donne constamment le sentiment d’aller trop vite. C’est paradoxalement le signe de sa réussite : il suscite l’envie d’en voir davantage. On sait déjà que Jean Moulin et Leclerc occuperont une place plus importante dans « La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom », attendu un mois plus tard. « La Bataille de Gaulle – L’âge de fer » réussit à rendre passionnante une période pourtant largement documentée. Une fresque historique ambitieuse qui manque parfois de temps pour développer ses meilleures idées, mais qui donne incontestablement envie de découvrir sa seconde partie.
